Le brainworking

Le brainworking donne l’opportunité d’investir des processus de réflexion, de coopération et de valorisation en se centrant sur le cheminement qui se fait d’une idée qui prend forme et devient, en  se précisant, un élément essentiel dans la mise en acte d’un programme – de vie, de travail, de formation, de santé, de vente.

Ce cheminement est narratif: il passe par des discussions, des équipes de travail, des exposés, etc. et cela nécessite d’investir du temps pour en assurer la qualité.

Quels sont les processus relevant du brainworking? Partant d’une opportunité que l’on repère, d’une aspiration, d’une nécessité pratique ou d’une inquiétude, un projet se dessine, puis nous invite à chercher, à faire, à écrire. Puis, il devient nécessaire de réunir les conditions pour préciser la direction, formaliser des documents, rencontrer des interlocuteurs, établir, proposer, ajuster, réussir.

L’institut intervient à chacune de ces étapes, entre autres pour travailler la façon dont des idées s’énoncent et demandent à se préciser, pour aider à ce qu’un projet s’ébauche et gagne du style, pour discuter des conditions de mise en acte d’un programme en fonction d’objectifs spécifiques. Cela va du projet individuel au projet associatif.

Le brainworking est une réalité propre à chacun, elle peut être valorisée dans le contexte de l’Institut:

a) en travaillant sur des thèmes de société, comme lors de productions éditoriales portant sur l’hospitalité, la santé ou l’écriture (voir le menu Productions) et auxquelles on est associé en tant que transcripteur, rédacteur ou éditeur

b) en élaborant son propre projet associatif, culturel, professionnel ou entrepreneurial

c) en effectuant des mesures en faveur de l’emploi dans le cadre des assurances sociales

d) en suivant des cours dispensés dans le cadre de l’Institut

e) en collaborant à la gestion administrative et au développement des activités de l’Institut.

Matière à penser

Brain, le cerveau ; le dispositif de direction. Le cerveau comme métaphore, pour indiquer qu’il est question de l’abord:

  • des idées qui se seront énoncées et auront précisé une direction
  • des questions qui se seront posées et auront fournit des indications
  • des obstacles qui auront surgi et se seront analysés
  • d’un texte qui aura pris forme et sera appelé à s’éditer
  • de propositions qui se seront structurées et demanderont à être mises en acte.

Notre engagement

1° favoriser l’abord non discriminatoire du malaise

2° prendre en compte la narration comme réalité et condition pour aborder la complexité

3° renforcer la solidarité entrepreneuriale et le plaisir de la transmission entre acteurs, entre secteurs et entre générations.

Le défi du brainworking

Dans un environnement économique pressé par des impératifs de profitabilité qui enferment la finance dans le seul et pur intérêt spéculatif, et où en même se pose la question de l’équité de façon toujours plus aigüe, il s’agit en effet que le terrain (mot issu du latin humus) de la vie, du travail ou de la santé ne se réduisent pas à des équations ou à des algorithmes. Les modes de gestion coupés de ce terrain, on l’a vu de manière plus médiatique dans le contexte des subprimes, sont autant irrationnels qu’irresponsables. Mais quels sont les enseignements que l’on en tire? Quelles sont les nouvelles pratiques qui s’instaurent et par quoi sont-elles gouvernées? Qu’est-ce qui garantit que les normes administratives et les décisions qui se prennent ne s’enlisent pas dans les mêmes standards? Partons d’une simple constatation: humus, humanitas, nous rapprochent de la question de l’humain, de l’humilité et de la dignité. Ce sont-là des valeurs primordiales car elles sont centrées sur ce qu’il y a à faire.

Ceci trace dans les grandes lignes le défi du brainworking, au carrefour de l’art, de la science et de la culture.

Nous partons du principe que l’intelligence est un art inhérent au terrain, à ce qui se fait. Il est important, pour des raisons culturelles, de mettre en valeur cet art qui se base sur l’expérience en acte et sur les enseignements que chacun a à en retirer. Intelligence artificielle? L’échange narratif est une modalité permettant d’aborder cette réalité et de convoquer l’authenticité. L’expérience de vie autant que professionnelle implique une restitution qui passe par la lecture pour se tenir à l’essentiel. Elle implique la recherche et l’écriture pour que se dégage un message de qualité. Internet, on le note, ne nous prive pas de l’écriture, mais complique la lecture: qu’est-ce qui se communique? Quelle information retenir? Comment ne pas perdre la boussole dans la masse de données et l’excès de sollicitations? Et à plus forte raison: qu’est-ce qui fait autorité dans l’abondance? Y a-t-il un auteur? Une signature? Un interlocuteur? Comment être à l’écoute de ce qui se dit de particulier, loin des lieux communs et des idées reçues?

Léonard de Vinci relevait que la main était intellectuelle; il nous mettait déjà sur la piste consistant à dire qu’il n’y a pas d’un côté les « intellectuels » et de l’autre les « manuels ».

Tout récemment, dans Le temps est venu de changer de civilisation (Editions de l’Aube, 2017), Edgar Morin, notait que « La logique dominante étant utilitariste et court-termiste, on ne se ressource plus dans l’exploration de domaines, d’activités, de spécialités, de manières de penser autres que les siens, parce que a priori ils ne servent pas directement et immédiatement l’accomplissement de nos tâches, alors qu’ils pourraient l’enrichir ».

Ces deux contributions, celle de Léonard de Vinci et celle d’Edgar Morin, un philosophe abordant notre entrée dans le XXIe siècle, marquent cinq cents ans d’histoire de la pensée. Elles forment comme un arc tendu en direction des arts et des sciences, où le génie en constituerait la flèche et le temps sa cible. Elles relèvent de ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui le brainworking, comme chaque intervention qui invite à penser autrement la question du travail et du profit. La richesse d’esprit devenant un enjeu culturel primordial.

Nous investissons le registre de la recherche, autour des modalités permettant de valoriser le travail intellectuel, et le registre de l’entreprise, où il s’agit de relever la qualité de ce qui se communique et d’y contribuer par des dispositifs narratifs et éditoriaux.

Nous misons sur l’échange narratif et la production éditoriale. En faisant appel aux services de l’Institut, en contribuant à ses activités productives ou à son développement associatif, l’objectif est d’offrir à chacun l’occurrence d’accueillir de nouvelles idées, de préciser la direction de ses projets et de renforcer les chances de réussite de son propre programme – de vie, de production, de santé.

En pratique

Le brainworking s’adresse à des personnes ayant besoin d’acquérir ou de perfectionner leurs outils pour accéder à un premier emploi, relancer leur activité professionnelle, débuter ou poursuivre une formation, développer une entreprise, valoriser une production artistique ou une invention, investir dans la réalisation d’une publication ou dans l’organisation d’un événement.

En l’associant au besoin de s’identifier à un récit pour penser, pour entreprendre et pour dégager des valeurs, la notion de brainworking, semblait indiquée pour fonder un institut à Genève. Le but étant aussi celui de développer d’autres stratégies pour aborder le malaise dans la culture et de tirer profit des ressources qui peuvent en émaner. Comment y parvenir, sinon en s’écartant des modèles de gestion formatés par le primat du quantitatif ?

Travailler seul, pas toujours facile

Face au besoin d’instaurer de nouvelles collaborations, s’est dessiné le projet de cet Institut. Et son programme a pris forme autour de la proposition de valoriser les ressources de la parole, où la conversation, l’analyse, la lecture et l’écriture jouent un rôle central, en vérifiant que la réalité est en effet avant tout narrative. La nécessité d’une autre narration pour vivre, pour penser, pour faire et pour coopérer est souvent relevé. S’identifier à un projet pour vivre, pour contribuer aux droits et aux libertés, et pour jouir des plaisirs de la vie est une réalité pratique. Et cela s’appuie sur le fait qu’il est impossible de vivre dans une société qui ferme les questions, se restreint à des réponses standards, exclut l’interlocuteur et se prive de l’art de l’intelligence. La générosité, la loyauté, l’estime, l’hospitalité, la solidarité sont indispensables.

Nous avons à introduire des nouveautés dans la façon d’aborder le difficile, le complexe et le simple de la vie, quelles que soient les circonstances, notre niveau de formation, le type de travail que nous faisons, les responsabilités que nous avons dans une organisation. En l’occurrence, nous avons davantage à tenir compte de l’expérience de la parole, car penser, faire, écrire convoquent autant l’artiste, que l’entrepreneur, le poète, l’économiste, le financier ou le scientifique.

L’INSTITUT