Humain, travail et profit

Sep 13, 2018 | Blog

 

Tout récemment, dans Le temps est venu de changer de civilisation (Editions de l’Aube, 2017), Edgar Morin notait que « La logique dominante étant utilitariste et court-termiste, on ne se ressource plus dans l’exploration de domaines, d’activités, de spécialités, de manières de penser autres que les siens, parce que a priori ils ne servent pas directement et immédiatement l’accomplissement de nos tâches, alors qu’ils pourraient l’enrichir ».

Les contributions de Léonard de Vinci et d’Edgar Morin, un philosophe abordant notre entrée dans le XXIe siècle, marquent cinq cents ans d’histoire de la pensée. Elles forment comme un arc tendu en direction des arts et des sciences, où le génie en constituerait la flèche et le temps sa cible. Elles relèvent de ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui le brainworking, comme chaque intervention qui invite à penser autrement la question du travail et du profit. La richesse d’esprit devenant un enjeu culturel primordial.

Nous investissons le registre de la recherche, autour des modalités permettant de valoriser le travail intellectuel, et le registre de l’entreprise, où il s’agit de relever la qualité de ce qui se communique et d’y contribuer par des dispositifs narratifs et éditoriaux.

Nous misons sur l’échange narratif et la production éditoriale. En faisant appel aux services de l’Institut, en contribuant à ses activités productives ou à son développement associatif, l’objectif est d’offrir à chacun l’occurrence d’accueillir de nouvelles idées, de préciser la direction de ses projets et de renforcer les chances de réussite de son propre programme – de vie, de production, de santé.

Le défi du brainworking

Dans un environnement économique pressé par des impératifs de profitabilité qui enferment la finance dans le seul et pur intérêt spéculatif, et où en même se pose la question de l’équité de façon toujours plus aigüe, il s’agit en effet que le terrain (mot issu du latin humus) de la vie, du travail ou de la santé ne se réduisent pas à des équations ou à des algorithmes. Les modes de gestion coupés de ce terrain, on l’a vu de manière plus médiatique dans le contexte des subprimes, sont autant irrationnels qu’irresponsables. Mais quels sont les enseignements que l’on en tire ? Quelles sont les nouvelles pratiques qui s’instaurent et par quoi sont-elles gouvernées ? Qu’est-ce qui garantit que les normes administratives et les décisions qui se prennent ne s’enlisent pas dans les mêmes standards ? Partons d’une simple constatation : humus, humanitas, nous rapprochent de la question de l’humain, de l’humilité et de la dignité. Ce sont-là des valeurs primordiales car elles sont centrées sur ce qu’il y a à faire.

Ceci trace dans les grandes lignes le défi du brainworking, au carrefour de l’art, de la science et de la culture.